17 août 2006

Chronique…Country

                           Texte : Robert Martineau         rmartineau@countrydansemag.com

                           Photos : Robert Martineau

 

Eh bien, tout compte fait, la fin de semaine que nous venons de passer Lucie et moi a été fort occupée….comme d’habitude. Le mois d’août est, je crois, la période de la saison estivale qui cette année, nous a offert le plus grand nombre d’activités. Ce qui fait que nous avons dû encore une fois choisir entre diverses alternatives afin d’assouvir notre faim de rencontres country. Pour ceux qui nous connaissent, avec l’arrivée des jours chauds de l’été, nous mettons l’emphase sur les festivals, quitte à délaisser quelque peu le confort douillet des salles de danse. Une question de choix car nous croyons que nous avons assez de la saison hivernale pour nous encabaner ; l’hiver ne dure-t-il pas trop longtemps à votre avis ? Mais par contre en cette fin de semaine, nous avons fait une encoche à une certaine tradition, vieille de déjà trois ou quatre ans, en choisissant une réunion de danseurs qui se déroulait justement à l’intérieur. Pourquoi ? La réponse est simple, nous ne voulions pas rater le Méga-Picnic de notre ami Raymond Lamarche.

Depuis des mois, Raymond peaufinait ce grand rendez-vous auquel étaient conviés toutes les écoles qui ont pignon sur rue dans plusieurs régions du Québec. Pour ce faire, notre homme avait invité pas moins de 20 professeurs à venir se joindre à lui afin d’animer, l’espace d’une trentaine de minutes, une soirée qui promettait d’amuser les danseurs. C’est à Ste-Rosalie, une municipalité nichée tout près de St-Hyacinthe que le tout se déroulait, plus précisément au Domaine de l’Érable situé au 5760 des Érables. En nous offrant cette journée de danse qui, en passant était gratuite, l’organisateur de cette activité visait surtout à récompenser tous les danseurs de toutes les écoles pour leur soutien durant les dernières sessions de danse ; pour certaines écoles, ce soutien signifie leur principal gagne-pain  tandis que pour les autres, il s’agit d’un apport financier substantiel. On a beau enseigner pour l’amour de la danse mais somme toute, les montants recueillis ne sont pas à dédaigner quand les fins de mois se pointent le bout du nez !

Bon, revenons à nos moutons, quand nous sommes arrivés sur les lieux vers 12 :30 heures, il n’y avait pas beaucoup de monde mis à part notre Gaby national (Gaby Paquette), un autre qui voyage énormément, qui ne tient pas en place. Ma première impression, une fois les bottes à l’intérieur de la salle fut de me dire que l’endroit me semblait bien petit malgré ses dimensions respectables ; au fur et à mesure que les fervents de la danse faisaient leur entrée, cette même impression se concrétisait à la vue du nombre de chaises qui devaient être ajoutées ici et là afin d’accommoder tout le monde. Il faut dire que même Raymond ne s’attendait peut-être pas à une si grande réponse de la part des écoles de danse. En tout, c’est tout près de 300 personnes qui ont profité de cette journée de reconnaissance de la part de leurs professeurs.

 

Sur le coup de 13 :00 heures, c’est Carole Benoit de l’école de danse Buckle Country qui a ouvert le bal et je vous dis que les danseurs ne se sont pas fait prier pour envahir le plancher de danse. Une bonne animation, quoique j’aurais des réserves sur la façon dont quelques danses ont été exécutées et ce, à la demande expresse de Carole. Personnellement je crois que les danses devraient être exécutées en respectant le chorégraphe ; une danse comme Blue Rose, un classique, devrait être faite dans le sens contraire des aiguilles d’une horloge et la danse Mambo Rock n’est surtout pas une chorégraphie de type mixer, n’en déplaise à ceux qui aiment la fantaisie. Malgré mon esprit puriste, je dois avouer que les gens sur place ont semblé aimer l’expérience (dont Lucie), alors pour cette fois-ci, je m’incline. Vers les 14 :00 heures, ce sont Guy Dubé de MG Dance et gestionnaire du site Cowboys-Québec ainsi que Pierre Mercier de l’école de danse Pijo Country Pop qui sont venus prendre la relève. Les prestations de nos deux animateurs de l’autre bout de l’autoroute Jean Lesage ont permis à beaucoup de danseurs de mettre enfin un visage sur des noms qu’ils rencontraient souvent en arpentant les différents sites internet du Québec. Nos deux compères à la parole facile ont su pendant près d’une heure mélanger les musiques les plus populaires et l’art de présenter celles-ci. Ensuite ce fut au tour de Sylvie Gamelin de l’école Country Dancers Sylvie et François de prendre place derrière l’ordinateur. Quel changement ! Passer des voix de ténor au doux timbre de voix de Sylvie, nos oreilles demandaient une certaine acclimatation ; il faut dire qu’avec le nombre de personnes se déplaçant et jasant, la tâche de l’animateur n’en devenait que plus ardue. Sylvie, secondée par Raymond, nous a offert une bonne prestation ; quelque peu craintive au début, elle a vite pris de l’assurance au fur et à mesure qu’elle annonçait les danses. L’après-midi s’est écoulé comme par enchantement ; chorégraphie après chorégraphie, toutes les danses les plus populaires ont permis aux danseurs de se défouler. Je vous avais dit qu’il y avait beaucoup de monde et c’est pour cette raison que Raymond  nous a annoncé que, sitôt  le souper spaghetti terminé, toutes les tables seraient remisées afin de faire le plus de place possible. Ce sont donc trois rangées de chaises que les gens ont retrouvées lors de leur retour à l’intérieur de la salle en début de soirée : une sage décision de la part de l’organisateur car de cette manière, on gagnait un peu d’espace.

 

Après le souper, les gens ne se sont pas fait prier pour envahir de nouveau la surface de danse. En premier lieu, c’est sur des musiques proposées par Christine Coulombe des Ropers de Sherbrooke que le tout a redémarré. Pour beaucoup de danseurs présents, ce fut l’occasion de voir à l’œuvre, pour une première fois, ce professeur des Cantons de l’Est qui a la particularité de présenter les danses et ensuite de sauter sur le plancher pour les exécuter en même temps que les autres danseurs. Christine était jumelée pour la circonstance avec Yves Dubé, l'animateur attitré de l'école de danse Country Beat, une école de la région de Montréal. Durant la prestation de Yves, j'en ai profité pour aller taquiner quelque peu la charmante Lucie Murphy, professeure de cette école, qui ne laisse pas sa place lors des soirées de danse et je peux vous assurer qu'elle est toujours aussi débordante d’énergie et qu'elle sait fort bien transmettre son enthousiasme à tous ceux qui l’entourent. Puis vint le tour à Linda Blanchard de l’école de danse Country Linda Lou de s’emparer de l’ordinateur afin de faire danser tout ce beau monde ; tous ceux qui connaissent Linda ont pu constater qu’elle n’a rien perdu de son dynamisme en ce qui a trait à l’animation. En regardant de près le programme qu’elle proposait, j’ai eu le plaisir de constater qu’elle y avait inséré deux des rares danses en ligne que renferme mon répertoire. Je ne pouvais certainement pas lui faire l’affront de rester assis lors des présentations de Hot Tamales et de Turbo Twang !

 

En milieu de soirée, soit vers 21 :00 heures, les gens ont pu faire connaissance avec un autre professeur un peu moins connu dans la région de Montréal. Raymond Lamarche, pour cette portion de la soirée s’était adjoint les services de Stéphane Cormier, professeur des Cowboys de la Rive Sud, une école de la région de la Mauricie. De la musique country et de la musique…un peu moins country étaient alors au menu. Et même si cette portion de la soirée nous réservait un contenu parfois hors country, à voir le nombre de danseurs envahir le plancher de danse, les gens ne demandaient qu’une chose, c'est-à-dire danser et s’amuser. Prenant la relève de l'animateur mauricien, ce fut alors au tour de Mario Champagne de l'école de danse CountryFever Mario & Sylvie, une école de la région du Centre du Québec de s'occuper de l'animation durant l'heure qui suivait. Les danseurs ont pu faire plus ample connaissance avec ce chorégraphe qui nous a pondu plusieurs succès ces dernières années. Et pour clore cette soirée, ce fut au tour de Marc Labrosse de l’école de danse Palace Country de la région de Valleyfield de prendre place au micro. Même si le nombre de danseurs avait sensiblement diminué à cause de l’heure tardive, ce qui dans le fond rendait le plancher de danse plus attractif, les danseurs ont pu apprécier les danses proposées par Marc. Ce dernier en a profité pour présenter ses chorégraphies. Devant l’énorme succès de ce rassemblement, un succès dépassant même les attentes de Raymond Lamarche, celui-ci a tenu à spécifier à maintes reprises durant la soirée que pour l’an prochain, son Méga-Picnic annuel est déjà inscrit à son agenda. Pour ceux qui auraient eu à se plaindre de l’étroitesse des lieux, il a tenu à les rassurer, en leur déclarant que pour le 11 août 2007, la capacité de cette salle sera pratiquement doublée. En effet, le mur séparant les deux salles sera déployé afin de permettre aux gens de profiter de beaucoup plus d’espace. Ce fut impossible cette année car la deuxième salle était déjà réservée pour des noces.  Dans tout cela, il ne faudrait pas oublier sa compagne, Dixie Fafard qui a solidement épaulé Raymond dans l’organisation de cet événement.

 

Petit rappel

 

Vous savez, dans une activité comme celle-ci, c'est-à-dire gratuite et très conviviale, beaucoup de danseurs se donnent rendez-vous afin de profiter d’une journée entière de danse et ce, pour peu de frais. Qui dit beaucoup de danseurs dit beaucoup de monde en même temps sur une piste de danse, et malheureusement il y a un aspect de la danse country qui en prend pour son rhume : l’étiquette sur un plancher de danse. Plus il y a de monde dans un party et plus l’ambiance y est normalement meilleure mais il semble que, même après en avoir souvent parlé, trop de danseurs se foutent encore royalement du moindre savoir-vivre en mettant les bottes sur la piste de danse. L’euphorie du moment ne devrait surtout pas vous servir d’excuse pour passer à côté de certaines règles qui régissent  la danse et ces mêmes règles sont justement là pour que vous puissiez profiter pleinement de votre loisir favori.

 

Quand l’animateur ou l’animatrice annonce une danse et qu’en plus, on vous fait jouer un petit bout de la musique afin que vous la reconnaissiez, ce n’est pas le temps de prolonger une conversation déjà engagée si vous voulez danser sur cette musique. Bien souvent quand vous mettez enfin vos pieds sur le plancher, déjà beaucoup de danseurs se sont placés et vous ne semblez pas savoir combien il est désagréable de devoir partager les 12 pouces qui vous séparent de votre voisin précédent avec un couple de danseurs retardataires.

Quand la danse est déjà commencée, vous devriez poursuivre votre conversation au lieu de tenter de vous introduire sur le plancher en vous foutant de bloquer les danseurs qui sont déjà en place. Ça ne vous tentait pas au début de la danse de la faire, alors pourquoi changer subitement d’idée ? Restez donc sur votre première décision et le monde ne s’en portera que mieux. Et que dire des danseurs qui s’insèrent parmi les autres tout en sachant fort bien qu’ils ne connaissent pas la danse ! Au moins, ayez la décence de vous placer dans le cercle intérieur au lieu de ralentir ceux qui, vraiment savent la chorégraphie. Si vous ne savez pas la danse, en vous plaçant de façon à ne pas nuire, cette lacune vous sera pardonnée mais en nuisant à tous, vous vous forgez vous-même une réputation de Ti-Coune.

 

Finalement, quand on présente une danse, qu’elle soit en ligne ou de partenaires, et que cette dernière contient un haut degré de difficulté, ce n’est sûrement pas le temps de vous insérer dans le groupe qui eux, connaissent la chorégraphie. Trop souvent, les gens qui ont payé pour apprendre une chorégraphie se voient gênés dans l’exécution de celle-ci par d’autres danseurs qui eux, veulent absolument apprendre sur le tas. Savez-vous qu’il existe des moments pour faire l’apprentissage des danses et que ces moments s’appellent des cours de danse ? Alors faites donc preuve de savoir-vivre en cédant la place à ceux qui la méritent, on ne peut pas toutes les savoir, même si parfois vous avez tendance à penser le contraire !

 

                                                                         Robert Martineau   countrydansemag.com